Cannabis médical

Cannabis médical : comment s’en procurer ?

Même si le cannabis peut être néfaste en tant que drogue, il possède aussi des propriétés qui le rendent utile en médecine. D’ailleurs, dans certains États, sa manipulation dans le domaine médical est autorisée depuis longtemps. Mais lorsqu’il doit être exploité pour des raisons médicales, il ne s’obtient pas de la même manière que les produits pharmaceutiques classiques.

Qu’est-ce que le cannabis médical ?

Le cannabis médical est l’ensemble des variétés de cannabis pouvant être utilisées comme traitement face à certaines maladies. N’importe quelle variété peut techniquement servir comme cannabis médical, mais il y en a certaines qui sont plus couramment utilisées dans les pays ayant déjà validé cette pratique.

Le CBD n’est pas à confondre avec le cannabis médical même s’il peut aussi avoir un usage thérapeutique. Les produits au CBD sont généralement très pauvres en THC (moins de 0,2 %) et plus riches en CBD. Ce dernier est une substance n’ayant pas d’effets psychoactifs et il est surtout consommé pour ressentir une sensation de bien-être. Le CBD n’est pas à usage médical et sa vente ainsi que sa consommation peuvent se faire dans n’importe quel commerce.

Avec le cannabis médical, le taux de THC peut être bien plus important puisqu’à dose égale, le THC a plus d’impact direct que le CBD. Son utilisation nécessite un encadrement strict pour éviter que les effets néfastes du THC ne prennent le dessus. Lorsque le cannabis est consommé en dehors d’un cadre médical, il devient illégal.

Le cannabis médical en France

En France, comme dans de nombreux autres pays, le cannabis n’est pas encore légalisé. Son utilisation médicale commence toutefois à être considérée. Ainsi, l’agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) a lancé en 2021 un projet de grande envergure sur l’utilisation du cannabis médical.

Le but de ce projet n’est pas d’attester des effets du cannabis puisque ces derniers sont déjà constatés dans les pays qui s’en servent. L’objectif est de déterminer si l’utilisation du cannabis médical est envisageable sur le long terme. L’expérimentation devrait profiter à plus de 3 000 patients à travers plusieurs centres médicaux. Cet essai de grande envergure va durer deux ans et prendra ainsi fin en 2023.

L’ANSM autorise l’usage du cannabis médical sous forme d’huile ou de fleur. En revanche, les fleurs ne devront pas être fumées, mais consommées en tisane ou par vaporisation. Étant donné que la culture de cannabis n’est pas encore légale en France, le cannabis exploité provient pour l’instant de pays étrangers.

Logiquement, seuls les produits dotés d’une excellente traçabilité seront utilisés pour cette expérimentation. À la fin des deux ans d’expérience, un rapport sera effectué pour constater l’efficacité de l’intégration du cannabis médical en France.

Qui peut profiter du cannabis médical ?

L’utilisation du cannabis médical dans ce projet mis en place par l’ANSM permet d’une certaine manière de consommer du cannabis légalement. Il faut cependant noter que les consommateurs récréatifs de cannabis sont loin d’être les cibles de ce test clinique d’envergure. Afin de se procurer du cannabis légal, il faut remplir certaines conditions.

Le cannabis médical est réservé aux patients souffrant de maladies lourdes et uniquement lorsque les traitements conventionnels n’arrivent plus à les soulager. Les types de pathologies pouvant être traitées sont actuellement aux nombres de cinq. Il s’agit de l’épilepsie sous certaines formes, les douleurs neuropathiques réfractaires, quelques symptômes rebelles en oncologie, les spasticités douloureuses des pathologies du système nerveux central et les situations palliatives.

Pour le cas des maladies fortement douloureuses, mais qui ne sont pas incluses dans cette liste, le CBD est l’unique alternative aux traitements conventionnels. Ce produit est accessible au grand public et même si son utilité en médecine reste encore à démontrer, les témoignages positifs à son égard sont nombreux.

Effets secondaires et contre-indications

Même si le cannabis a de forts potentiels en médecine, ce n’est pas un produit sans risque. Parmi ses effets secondaires figurent notamment la crise d’angoisse, la somnolence et la paranoïa. Les risques de dépendance sont également élevés dans le cas d’une consommation prolongée. En fonction de la composition du médicament au cannabis, il peut aussi y avoir des effets négatifs d’ordre cardiovasculaires.

Afin de limiter les risques liés à la prise du cannabis médical, de nombreuses contre-indications doivent être respectées. Ce produit est par exemple, interdit aux personnes présentant des problèmes cardiovasculaires importants. Les personnes souffrantes de troubles psychotiques sévères n’y ont également pas droit. Par ailleurs, si vous décidez de participer à cette expérimentation de l’ANSM en suivant un traitement, vous n’aurez pas le droit de conduire jusqu’à la fin de l’expérience.

Qui peut fournir du cannabis médical ?

Tout comme n’importe quel médicament particulier, le cannabis ne peut être fourni que par un médecin. De nombreux professionnels de la santé ont été formés afin de se familiariser avec l’usage de ce traitement particulier. L’approvisionnement en cannabis médical se fait par une chaine sécurisée afin de garantir la qualité des produits et limiter les risques variés.

Si vous souhaitez profiter du cannabis médical et que vous êtes éligible à son utilisation, vous devez effectuer une consultation. La première consultation doit obligatoirement se faire dans l’un des nombreux centres de référence mis en place. Ils sont actuellement aux nombres de 215, mais leur nombre est susceptible de changer au fur et à mesure que d’autres professionnels décident de suivre la formation requise.

L’ordonnance est de 28 jours maximum et pourra être renouvelée par un médecin généraliste volontaire et ayant suivi la formation. Le patient pourra ainsi se procurer le cannabis médical dont il a besoin auprès d’une pharmacie avec au moins un pharmacien qui a suivi la formation. D’autre part, la question sur le remboursement des soins n’a malheureusement pas encore été traitée.

Les patients peuvent solliciter la participation de leur pharmacie de proximité afin de ne pas être obligés d’acheter leurs médicaments dans des pharmacies éloignées. Cependant, les pharmaciens sont libres de décider s’ils souhaitent participer ou non à l’expérience de l’ANSM. À noter qu’acheter du cannabis, même pour usage médical, en passant par un circuit non approuvé reste un acte illégal.

Le quota de cette expérience de l’ANSM est de 3 000 patients traités au minimum. Dans le cas où un patient ne serait pas en mesure de suivre le traitement en raison d’une intolérance, il pourra être remplacé.

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